Sortie du 11 janvier 2020 - Tentative hivernal au Pic Saint Michel

     Malgré un temps maussade, nos trois mousquetaires du trail s'envolent pour une nouvelle aventure. Pour pas que la monotonie nous gagne, je décide de changer de terrain  de jeu : Le Vercors.

     Notre objectif du jour, le pic Saint Michel (1966 m) par le col de l'arc (1736 m) départ Saint Paul de Varces (388 m).

     Nous débarquons à Saint Paul, commune plantée à l'amont de la vallée du Lavanchon. Cette petite bourgade de 2000 habitants sent bon la vieille France.

     A la sortie de voiture, une température plutôt douce pour un mois de janvier, nous accueille. Un profond silence règne sur ce village qui semble encore dormir profondément. La couverture nuageuse ne nous permet pas de voir les sommets environnants. Aucun point de repères, nous allons voyager à vue.

    Après avoir traversé le bourg en guise d'échauffement, nous empruntons une piste large et raide qui bientôt ne sera plus qu'une sente étroite, s'élevant à travers la forêt en une succession de virages.

     Aujourd'hui, je suis venu avec une seule idée en tête, me tester pour mettre en place mon nouveau programme d'entraînement. ........Sans me soucier de mes compagnons, comme à l'habitude en petites foulées dynamiques tel un cabri je m'engage dans la pente. Physiquement et mentalement, il y a longtemps que je ne me suis pas senti aussi  bien. La jambe légère, le souffle régulier, l'esprit vagabond, bercé par les seuls bruits de la nature j'avance encore et toujours j'avance!!!!! Plus rien ne peut m'atteindre, je suis au Nirvana. 659 m, belvédère de l'Epinasse je m'arrête pour attendre mes camarades, vue magnifique  sur la vallée du Lavanchon, Montagne d'Uriol, le Pieu, Bec de l'Echaillon, Rocher de l'Eperrimont.

     A Balme Rousse, nous partons pleine gauche, vers l'ouest, à flan de coteau, longeant les Rochers du Pré du Four. A 978 m, comme par magie, la montagne s'ouvre devant nous, le verrou du Bacon, énorme faille dans la roche où jaillit la cascade du ruisseau de l'Arc. Nous remontons le long d'un vaste entonnoir très humide, nous y percevons de nombreuses sources, le terrain est plus que glissant, nous débouchons sur un sentier, perché sur une crête terreuse au milieu d' une forêt de hêtres et de sapins d'une rare beauté. Plus haut, je repère une source qui pourra nous être utile si toutefois nous manquions d'eau.

     Aux environs de 1300 m, nous débouchons sur une plate forme, où vient mourir la piste forestier du Marchand. Nous nous arrêtons, discuter quelques minutes avec deux chasseurs, je les interroge sur l'état du manteau neigeux au col de l'Arc et au  Pic Saint Michel, renseigné,  nous parlons du plan de chasse qui a été mis en place sur la commune, ces braves hommes nous font part de leur inquiétude: les chamois et les mouflons décimés par le loup. Merci messieurs les écolos, votre intelligence me surprendra toujours, introduire une espèce au détriment d'une autre, BRAVO!!!!!! J'ai un profond respect pour ces acteurs (chasseurs,forestiers, agriculteurs) qui donnent de leur temps sans compter, sans ces hommes et ces femmes que deviendrait notre patrimoine agricole et forestier?????

     Nous reprenons notre chemin, les premiers névés font leur apparition. la neige est dure ce qui rend difficile notre progression. A  1585 m, nous bifurquons à gauche, et laissons à droite le sentier du pas de l'âne. Quelques centimètres de fraîche recouvre une neige durcie par le gel, j'avance  tant bien que mal, tantôt en taillant des marches tantôt en me faufilant entre les plaques de glace. Me souvenant de la mésaventure de la dernière sortie, à 1705 m, à quelques mètres du col, je décide de faire demi tour. Jouant la carte de la sécurité, à petits pas contrôlés, concentrés, nous attaquons la descente de la partie technique. Une fois le danger éliminé, nous nous lançons corps et âme dans la pente. Un single de toute beauté, un single comme nous les aimons, technique, pentu, glissant par moment, des portions de relance, un vrai bonheur. Nous rebondissons de roches en roches, de racines en racines,le cerveau débranché, toujours à la limite de la rupture, à chaque virolons la chute nous guette. Nous nous abandonnons totalement à la pente comme emporté dans un tourbillon de folie, grisé par la vitesse, nous oublions la douleur de nos muscles tendus.

     Après être changés, comme à l'habitude, direction le bar local. Aujourd'hui, le café-restaurant de l'arc .Nous pénétrons dans la salle et saluons l'assemblée.  Le patron à l'air jovial et avec fort accent du sud nous répond "Bonjour, bon Dieu des vrais sportifs, il y a bien longtemps que l'on en avait pas vu par ici" La patronne qui vient d'arriver renchérie " ici on a plutôt des leveurs de coudes" tout le monde se met à rire. Puis se fût autour du cuistot de pointer son nez,un grand costaud surtout du bide, avec une grosse moustache à l'ancienne visée sur son visage de garçon boucher qui venait en curieux ou plutôt siffler un petit ballon de rosé. Il y avait Bébert une dent tout les trois mètres, sorti tout droit d'une bande dessinée. Sans oublier les deux anciens du gaz, la casquette visée de travers dû sûrement aux "3 quilles de rosé basculé entre temps. Un agréable fumet s'échappe de l'arrière boutique, cela sentait bon la cuisine traditionnelle et familiale.

     Un bonne ambiance régnait dans ce petit bistrot de campagne, perdu au fin fond de l'Isère.Cela me rappelle des souvenirs d'enfance. Moments forts agréables avec nos amis les Saints Poignards(habitants de Saint Paul de Varces) qui nous ont lancé un defi : Nous battre à la course.....


10 km 720 * 1299 m D+ * 1306 m D- * 3 h 40 mn

Ca pique!!!!!

le Vosgien

Crête des Crocs

Descente du col de l'Arc

Gilles et Nabil Dans la montée


Depuis le Belvédère de l'Espinasse

Gilles et Nabil


La crête des Crocs

Verrou du Bacon

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