Sortie du 25 janvier 2020 - le Pieu ou Le Bemont

     Par un samedi brumeux, à demi réveillé la tête dans le fion, la team des Vagabonds, amputée d'un des larrons qui n'a pu se joindre au groupe pour des raisons familiales, quitte la capitale des Gaules pour le petit bourg de Saint Paul de Varces.

    Lors de notre dernière escapade, au belvédère de l'Espinasse, nos yeux se sont portés sur une crête. Elle était juste magnifique, découpée dans les nuages, nous étions comme hypnotisés, elle nous attirait comme le chant mélodieux des sirènes. "Venez, voyageurs des cimes !Venez de vos pieds caresser mes courbes"

    Un sourire malicieux aux coins des lèvres, une lumière au fond du regard qui ne trompe pas, celle que l'on observe dans les yeux de tous ceux qui vont au bout de leurs rêves. Mes compagnons se tournent  vers moi et me disent " ça se fait" Je répond par l'affirmative sans vraiment savoir, mais au fond de moi, je sais que je vais me débrouiller pour tracer un parcours qui nous fera rêver.

     C'est seulement la deuxième fois que nous venons à Saint Paul, et sûrement pas la dernière. Cette vallée offre une multitude de tracés plus abominables le uns que les autres, pour récompense des panoramas plus beaux les uns que les autres. Comme la fois précédente, nous nous  garons sur la place de l'église. Sortis de voiture, un petit air frais fini de nous réveiller. En  guise d'échauffement, nous traversons le village en direction du parking du Charmas (360 m), départ de notre chantier du jour.

     A droite du Ruisseau de la Lampe, nous empruntons un sentier en épingles, qui serpente au milieu d'une magnifique forêt de hêtres. Malgré une pente conséquente, mais régulière, nous cheminons tranquillement en petite foulées. A l'altitude 680 m, nous traversons le lit du torrent asséché portant encore les stigmates de violents orages par le passé.

    Tantôt sur un chemin, tantôt sur une piste,  nous poursuivons notre route. A l'altitude 800 m,  nous débouchons sur la crête d'Uriol boisée de chênes.  Nous bifurquons à droite, pour emprunter un single dans la face SW qui nous conduira à un raidard. Au fur et à mesure de notre progression le marquage rouge je fais de plus en plus rare, pour disparaître totalement dans les derniers hectomètres." Dré dans le pentu" comme disent nos amis savoyards, armés de bâtons et de chaussures crantées, en guerriers nous nous lançons corps et âme dans la bataille, sans vraiment savoir où nous allons. Le souffle court,  les muscles durcis par la pente, nous serrons les dents pour oublier la douleur. Longeant la crête, difficilement, nous avançons, slalomant entre les arbres, esquivant les racines, glissant sur les feuilles et la terre humide A l'altitude 1100 m, le terrain devient de plus en plus pierreux, nous arrivons devant une petite barre rocheuse, nous suivons un petit sentier ou de temps à autre se dressent quelques cairns qui nous conduiront jusqu'à la partie sommitale: 1270 m, une modeste  petite croix en bois montée sur un énorme cairn matérialise le sommet. 

   Un panorama hors du commun, une vue à 360 °, incontestablement un des plus beaux belvédères sur le bassin grenoblois et les massifs qui l'environnent (les sommet de Chartreuse, Belledonne et le Taillefer, le Grand Serre, le pic Saint Michel le roc du Cornafion et bien d'autres...)

     Sur un chemin de crête,  direction SSE, nous entamons la descente, descente d'anthologie, un single rapide et technique qui nous conduira jusqu'au pâturage et la ferme de l'Echaillon. Il était déjà tard et Nabil travaillait en fin d'après midi, il était préférable d'écourter le parcours initial. A la ferme nous prenons une piste plein Nord, en fond de vallon. Nous nous arrêtons quelques instants pour discuter avec le propriétaire: un paysan, chasseur. On parle de tout et de rien, du manque de civisme de certains citoyens qui, sans hésiter, ravagent ses pâturages en motos, en quads et à cheval d’où la fermeture de la piste par un portail.Comme à l'habitude le loup revient dans la conversation, je n'ai rien contre le loup au contraire c'est un animal que j'affectionne mais il faut se rendre à l'évidence que la prolifération de ce prédateur devient préoccupante. Ce n'est pas le seul fait qu'il s'attaque à la faune, mais aussi il traumatise les animaux, ce qui génère du stress (malformation, fausse couche, animaux apeurés etc...)

     Nous suivons cet itinéraire quelques peu monotone jusqu'au pont du Batou, à droite nous prenons une piste qui nous mènera sur le chemin du retour, dernier petit single pour finir la journée. Hâte de revenir en ce lieu magique pour terminer notre périple.


     

 

La cairn surmonté d'un croix au sommet du Pieu

Le vosgien au sommet du Pieu en fond le Cornafion et le Pic St Michel

Le vosgien


Je saute !!!!!


Nabil



Nabil en équilibre sur la crête

Nabil en maître des lieux


Le Pieu depuis le belvédère de l'Espinasse

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