Deux semaines d'affilées à la montagne, quelques mauvaises langues diront que c'est de la gourmandise...Non!!!! pas du tout... Nous profitons seulement de l'anti cyclone qui sévit sur nos massifs, pour sortir. On ne sait pas de quoi est fait l'avenir.
Comme à l’accoutumée, 7 heures pétantes, nous quittons la capitale des Gaules. Nous avons décidé de retourner à Saint Pierre de Chartreuse. Cette fois nous optons pour une rando trail mixte (raquettes et baskets) afin de nous faciliter le cheminement.
A la descente de voiture, un froid polaire attendait nos deux gaillards. habillés, les raquettes sanglées sur le sac, nous filons dare-dare histoire de nous revigorer. Le sol gelé par endroit, ne nous empêche pas de livrer un beau combat dans le pendu. Nos deux bonhommes qui d'habitude ne passent pas pour des frileux, n'arrivent pas à se réchauffer. Malgré une bonne paire de gants, nos avons les doigts glacés et engourdis. Sur les versants Sud la neige a bien fondu. Le temps passe, et rien ne change, j'ai l'impression que je vais perdre mes doigts.
La neige se fait de plus en plus présente. Aux abords d'un alpage, nous décidons de chausser les raquettes. Gilles frigorifié a un mal fou à détacher son matos. La maitrise et la patience du brave homme n'aura point servi à grand chose, seul mon vieil Opinel a eu gain de cause.
Équipés, nos deux bougres continuent leur périple. De temps à autre, sur la neige, nous apercevons des excréments de chamois, ce qui nous donne espoir de surprendre ou d'entrevoir un de ces bovidés. Nous arpentons sur quelques kilomètres le même chemin que la semaine précédente. Certains médisants considéreraient ennuyeux, monotone de reprendre le même itinéraire. Nous pas, jamais nous nous lasserons de ce que nous offre Dame Nature. Depuis de nombreuses années que je traine mes godillots sur cette sacrée montagne. Comme au premier jour, à chaque sortie, je suis à chaque fois émerveillé par la beauté des paysages, les panoramas extraordinaires, ces ambiances étourdissantes. Peu importe le lieu, ces escapades en solitaire ou entre amis me procure force, équilibre et zénitude.
Après la traversée d'une combe boisée, nous débouchons sur un immense alpage. Notre chamois est bien là, figé sur son rocher, tel un gardien sur son mirador. Vers 1540 m, nous parvenons à une bifurcation. A gauche, plein sud, un large chemin à grands lacets remonte vers la station de la Scia. Nous partons tous droit en direction de la combe de Maupasset. Le dévers et le verglas nous font progresser prudemment et à petit pas hésitants. La configuration du terrain met à mal nos pauvres chevilles. Plus loin, nous marchons sur la trace d'un skieur de randonnée qui nous mène à une combe Là, nous perdons le marquage. A l'aveuglette, nous nous dirigeons vers je ne sais où ???? Ce qui est sûr, c'est que nous ne sommes pas dans la bonne direction. C'est cela le trail, se perdre, se retrouver, se reperdre et encore se retrouver ( N'ait pas peur Evy, je me perds souvent, mais je ramène toujours mes brebis au bercail, tu peux partir tranquille en bivouac avec moi). Comme à l'habitude, GPS et pif et voilà nos deux lascars sur la sente du col du Cuchon au col de la Saulce. Quelques encablures plus loin, nous voila arrivés.
Déjà midi, il est trop tard pour monter à la cabane (1650 m), encore moins pour pour le col de Bellefont (1902 m). Aujourd'hui, nous n'irons pas plus haut. Exposée plein sud, une tache herbeuse nous tend les bras. Nous y posons nos fesses. Pendant notre maigre repas, un groupe de Pimpins nous offre un spectacle. Nous pouffons de rire en voyant la technique de glisse de ces monchus. C'est la première que je vois une bande de touristes empotés descendre en chasse neige dans la poudreuse. Certes la montagne est un magnifique terrain de jeu, mais elle reste dangereuse, C'est bien dommage de mettre en danger inutilement la vie des secouristes. La Chartreuse est un massif de moyenne altitude, pas si facile que l'on pourrait l'imaginer avec ses barres rocheuses, ses gouffres, ses lapiaz et son brouillard.
Nous redescendons à Saint Pierre par une piste forestière damée. Nous croisons deux anciens en peaux de phoque qui montaient sûrement au col de Bellefont. Entrainés par la pente, nous dégringolons à toute allure. Pas évident de courir avec des raquettes aux pieds. Tout au long du chemin, Eric fait le zigoto ou cherche t-il une qualification pour les JO de Pékin en patinage artistique. Il exécute des figures et des gamelles à faire pâlir Candeloro. Mes simagrées font bien rire Gilles.
Arrivés au hameau de Perquelin, nous déchaussons. Nous voilà, trottinant sur la route, à suivre une sente le long de Guiers, vierge de toute trace. Nous comprenons vite pourquoi. Le vent, la neige, la pluie, les coulées de boue des derniers jours avaient déraciné et renversé une multitude d'arbres, qui rendaient le chemin impraticable. Ici, pour nous, commence le parcours du combattant. Nos deux diables, morts de rire tels des ados, rampent, sautent, grimpent, de pierre en pierre, franchissent le torrent et traversent un jardin enneigé pour regagner la route. Enfin le voyage se termine.
En face de l'église, nous nous installons à une table, baignée par le soleil. En buvant notre café, nous rigolons de nos exploits. Encore une virée mémorable, tous les ingrédients étaient réunis pour passer une agréable journée : neige, soleil, fou rire et un peu de pente pour travailler les cuisseaux et les jarrets.
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| Col de la Saulce |
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| Lance de Malissard- dome de Bellefont |
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| Gilles au Collet de Maupasset |
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| vers Hameau de Perquelin |
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| Eric le long du Guiers |
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| Eric |
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| Gilles pose casse-croute |
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| Nos deux compères |
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| Le prince de la gamelle |
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| Eric champion de la gamelle |
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| parcours du combat |
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| Mort de rire notre ami Gilles |
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